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Le compte-rendu est téléchargeable ici pdf – 75 Ko
La transcription des débats est disponible ici pdf – 45 Ko

Personnes présentes :

réunion de concertation du 21/07/2007Robert BLANC (adjoint), Laurent B., Catherine C., Martine I., Gilles PODOR (adjoint), Élisabeth ROZERON (conseillère), Josiane TESSER (conseillère)
- Michel CABÉ (Maire)
- Florence CLIMACO (Médiatrice)
- Jean-François ARAMENDY, Chargé d’études au CAUE 31 (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Haute-Garonne).
- Stéphane COUDERC, Chargé d’études au CAUE 31
- Isabelle RIEG, Coordinatrice de la démarche expérimentale, chargée d’étude au CAUE 31.

L’objectif de cette réunion était de diffuser une information suffisante pour permettre à tous les participants à la concertation de savoir où en est le projet d’extension urbaine, de connaître les intentions de leurs élus et de se forger une culture commune en matière d’urbanisme, d’architecture et d’environnement.

Retour sur le contexte d’un projet

En ouverture, Michel CABÉ raconte les origines du projet d’extension de la Commune :

Tout démarre en 2002 lorsque la Commune fait l’acquisition d’un terrain derrière la mairie. « Il faisait la continuité avec le village. À l’époque j’avais proposé de revendre deux parcelles. Le tiers du terrain restant à la commune et les deux autres tiers étant revendus à deux particuliers pour équilibrer l’opération et faire un petit bénéfice. La deuxième étape a lieu en 2003/2004. On m’a présenté quelqu’un qui m’a parlé de la démarche « éco-hameau » : création ex-nihilo, avec un principe de mixité sociale, d’auto-construction et d’entraide (système Castors). J’ai été séduit sur le plan intellectuel, mais je ne voyais pas comment cela pouvait se réaliser sur la commune. J’ai ensuite rencontré François PLASSARD. C’est un personnage hors norme : ingénieur agronome, docteur en économie, ami de Nicolas HULOT. C’est un homme plein d’idées, des idées fortes, un théoricien qui parle beaucoup, …encore plus que moi. Il est entouré d’architectes, d’artisans, d’auto-constructeurs… On a élaboré ensemble des projets un peu fous mais pour François PLASSARD ce n’était pas un projet utopique.
Le principe d’éco-hameau mélange plein d’idées généreuses : la mixité sociale, l’entraide. Certaines expériences intègrent des « cas sociaux ». J‘ai visité des exemples où la dimension sociale allait très loin. Mais ce n’est pas ce que l’on va faire ici. Avec François PLASSARD, nous avions postulé à un concours d’idées. Nous avons eu le prix « Balise » 2003 au niveau national, décerné par tout un tas de gens de haut niveau. On a gambergé pas mal sur l’idée. Ce n’était qu’une idée, mais la rumeur est partie de là, les craintes des habitants, la pétition…

Cliquer sur l’image ci-dessous pour visualiser le film présenté par AES au concours « Balise »…et comprendre les véritables enjeux du projet…

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Puis, j’ai rencontré le CAUE pour adapter le projet, trouver un compromis. Le CAUE m’a proposé d’intégrer la démarche expérimentale qu’il lançait en partenariat avec l’AMF et l’APUMP. J’ai accepté. »

Florence CLIMACO prend sa suite pour présenter une synthèse des étapes qui ont jalonné l’histoire de ce projet.

Les éléments qui ont incité le conseil municipal à réfléchir sur un projet d’extension sont :
- la construction d’une maison neuve en bordure du village qui pose la question de l’intégration au paysage des nouvelles constructions,
- une étude qui avère que le système d’assainissement de la commune n’est pas adapté et pose donc la question des moyens de financement d’un système aux normes,
- l’impression, de la part des élus, que la population de la Commune est vieillissante, qu’il manque des nouvelles personnes pour créer de l’activité, créer un dynamisme.
Les élus se sont alors engagés dans une réflexion sur le devenir de la Commune au travers d’un PLU intercommunal et d’un projet d’aménagement du terrain situé derrière la mairie. Dans un premier temps, ils ont envisagé cet aménagement sous forme d’«éco-hameau» (regroupement d’habitats écologiques en milieu rural, accessibles à tous les revenus grâce à l’achat de terrains hors spéculation foncière et à l’accompagnement des habitants dans une démarche d’auto-construction de manière solidaire). Ce projet dans sa conception originelle, ne verra finalement pas le jour, mais la construction d’une maison communale est planifiée. Aujourd’hui le projet d’extension du village va être défini en concertation, tout en prenant en compte certains éléments déjà décidés par les élus : planification, intégration, vision globale (lien avec le PLU), bonne entente, identité du territoire, démarche environnementale.

Façades SUD et EST de la maison communaleFlorence CLIMACO invite Michel CABÉ à donner des informations sur la maison communale qui sera bâtie sur la Commune :

« L’idée est venue du fait des oppositions au projet d’éco-hameau : on allait faire des cabanes, les maisons écologiques n’étaient pas au point… Il se trouve que j’ai eu un bon contact avec le sous-Préfet. On a parlé du projet et l’idée c’est de donner à voir un exemple. On peut faire bien, et éventuellement c’est une source d’emploi pour la région (artisan, filière, …). On a eu des réunions pour tenter de monter des formations, mais pour l’instant on est en plan ; ce n’est pas demain la veille. Grâce à l’aide du sous-préfet, on a obtenu une subvention de 80 000 €, donc, on ne va pas ruiner la commune. Il y a aussi eu pas mal d’études (enfouissement des réseaux, aménagement de voirie, assainissement). Ces projets ont été chiffrés et sont en partie financés, mais nous recherchons une contrepartie pour alléger notre part d’autofinancement. Le projet d’extension doit répondre à cela. On en est au stade de la réflexion. »

Pour finir, Isabelle RIEG se charge de présenter le CAUE. Elle développe ensuite les principes de la démarche expérimentale intitulée « Quelques sites pour une ville à réinventer, une invitation à la qualité urbaine », lancée en novembre 2005 par le CAUE, en partenariat avec l’APUMP et l’AMF, dans laquelle la Commune de CAZENEUVE-MONTAUT a décidé de s’engager :

La démarche dans laquelle se sont engagés les élus de CAZENEUVE-MONTAUT a pour but l’amélioration des manières de faire l’urbanisme aujourd’hui. Elle regroupe 6 communes de Haute-Garonne qui sont accompagnées dans leurs projets, de l’idée à la livraison, par les chargés d’études du CAUE 31 ; autant de sites pilotes qui constitueront autant de références en matière de qualité urbaine. Il s’agit notamment de lutter contre l’étalement urbain qui fait perdre son identité aux territoires ruraux en :
- sensibilisant les acteurs à la qualité architecturale, urbaine et environnementale,
- favorisant le partenariat public/privé,
- convaincant les élus de la plus-value d’études préalables payées à leur juste prix.
Elle entre dans le cadre de la triple mission du CAUE : conseil, culture et pédagogie.

Cliquez sur la partie droite de l’image ci-dessous pour voir le diaporama (en cliquant sur la partie gauche, on recule d’une image

journal CCCA N° 9Avant la pause, Michel CABÉ indique que le Plan Local d’Urbanisme (PLU) Intercommunal a fait l’objet d’un article dans le journal de l’intercommunalité. Il précise que l’idée du projet d’extension n’est pas de se « limiter à 4 ou 5 maisons » mais plutôt de mettre en place une action expérimentale qui soit reproductible ailleurs.

Sobriété de l’architecture 'néo Commingeoise'…en pleine campagne« On construit n’importe quoi et n’importe où. Ce qui est dramatique la plupart du temps, c’est que les élus agissent seuls, par eux-mêmes, en s’octroyant tous les pouvoirs. Nous on essaye un « modus vivendi ». »

Projection de photographies tirées des voyages d’études

La deuxième partie de la matinée est consacrée à la projection de photographies dans l’idée de créer un référentiel commun. Les participants peuvent ainsi prendre connaissance des opérations d’aménagements urbains exemplaires visitées par les élus dans le cadre des voyages d’études organisés par le CAUE.

En cliquant sur l’image ci-dessous vous pourrez visualiser un diaporama de clichés réalisés lors des voyages organisés par le CAUE en 2006 et 2007. (On peut facilement faire défiler les images avec le clavier).

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Michel CABÉ en profite pour souligner les points positifs des opérations qui l’ont plus particulièrement interpellé. Par exemple, il loue l’utilisation de la «ZAC» qui permet de « tout penser ensemble » (réfléchir à un aménagement global, avec mixité, espaces publics et services). Il met également en garde contre le « gaspillage du territoire » qui entraîne des distances dans le ramassage des ordures, des problèmes d’intégration…

« Rattraper les erreurs, retrouver du lien, est plus difficile. Le plus important c’est de planifier. »

Les participants livrent leurs réactions – positives comme négatives – devant ces opérations, en discutent et posent quelques questions techniques aux architectes présents.

Quelques données sur l’évolution démographique et urbaine de la Commune

Après une pause-déjeuner, Jean-François ARAMENDY présente son regard sur l’évolution de la Commune de CAZENEUVE-MONTAUT. Il se base pour cela sur une analyse démographique faite à partir des recensements et des monographies existantes, et sur une observation de la construction des entités urbaines en place (village et hameaux) à partir du cadastre actuel. Son objectif est de permettre une compréhension de l’existant, pour mieux se projeter sur le site de la future extension, afin de construire un projet crédible pour accueillir une nouvelle population.

Cliquez sur la photo ci-dessous pour visualiser le diaporama qu’il a réalisé (on peut facilement faire défiler les images avec le clavier).

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évolution de la population (voir aussi cet article)
Le nombre d’habitants a atteint son apogée (380 habitants) durant la période napoléonienne et est en baisse continue depuis l’après-guerre et le développement de l’ère industrielle. Il est de 54 habitants depuis 25 ans avec un léger accroissement entre 1999 et 2004, à l’image du canton. Le nombre de personnes par ménage est lui aussi en baisse constante depuis 1846 et est actuellement de 2 personnes par ménage et par logement en moyenne. Ainsi, la taille des logements augmente alors que le nombre d’occupants diminue. Durant 30 ans (1968-1999), l’offre de logement (nombre et type) est restée inchangée : un nombre fixe de maisons individuelles. Depuis 1999, quelques logements ont vu le jour, dont un d’un nouveau type : l’appartement.
La population est encore fortement agricole mais diversifie progressivement son activité. Dans ce dernier cas, le lieu de résidence ne correspond plus au lieu de travail.

Typologie urbaine et extension
À l’origine, le noyau villageois est structuré autour du principal édifice religieux de la commune.

Le bâti est épars sur l’ensemble du territoire communal et s’implante au cœur des diverses propriétés agricoles. Une maison anonyme surveille les alentours

Il est principalement bâti en crête, privilégiant une orientation garantissant un bon ensoleillement, et est souvent à découvert, en vue directe sur le territoire.
Le village occupe 2 hectares, soit 16 lots bâtis de 126 à 800 m². Les hameaux sont composés de 2 à 6 lots bâtis. La surface occupée apparaît insignifiante après les derniers remembrements (le nouveau parcellaire ne distingue plus les espaces attenants directement au bâti des espaces exploités). Quand le parcellaire ancien persiste, on mesure des lots bâtis d’une taille maximale de 1400 m². On trouve enfin 14 lots de bâti isolé. La surface occupée apparaît là encore insignifiante suite aux derniers remembrements. La taille parcellaire peut atteindre 3000 m².
Le village vu du SudDans le noyau villageois, le bâti est groupé en petites unités plus ou moins distantes les unes des autres, préservant ainsi des échappées visuelles permanentes sur l’environnement. Il est toujours en alignement de la rue ou en contact des limites parcellaires, assurant ainsi l’homogénéité de l’ensemble. L’implantation décalée et le traitement des limites restreint fortement les vis-à-vis.

Au vu de ces données, Jean-François ARAMENDY propose de se poser un certain nombre de questions à traiter au cours des réunions de concertation :

  • Combien d’habitants souhaitons-nous avoir à CAZENEUVE-MONTAUT ?
  • Quel type de ménage voulons-nous attirer à CAZENEUVE-MONTAUT ?
  • Quelle offre de logement pouvons-nous proposer (nombre, diversité) ?
  • Quelles activités désirons-nous maintenir ou créer pour assurer le développement économique et social de la commune, du canton ?
  • Où s’étendre à présent ? ou Comment répartir l’offre de logement sur le territoire communal ?
  • Comment s’étendre (taille parcellaire, implantation du bâti, traitement des limites) ?

Suite à cet exposé, Michel CABÉ précise que deux nouveaux appartements vont être disponibles à la location. Il conclut sur la difficulté de « réfléchir globalement » :

« Une des personnes qui étaient contre l’éco-hameau a déposé deux demandes de certificats d’urbanisme (CU) pour 3 maisons. Les élus que nous sommes doivent faire avec les désirs de chacun et la gestion du village. Si l’un de nous veut faire venir son frère, c’est une maison de plus ; ce cas personnel peut se reproduire pour tous. Mais quelles règles on met ? Il faut poser des limites. Au niveau du canton, cela veut dire agrandir le collège, les maisons de retraites…Chaque fois que l’on augmente, cela a des conséquences. » Michel CABÉ
« Quand on parle de ces problématiques-là, plusieurs solutions apparaissent : on peut imaginer une structure communale, ou bien des logements adaptés à proximité des familles. Ce sont toutes ces réflexions qui vont nourrir le cahier des charges pour répondre au mieux à vos attentes. Le but de tout ceci est de vous ouvrir un petit peu aux champs de questionnements que nous amènent à explorer toutes ces statistiques, ou du moins, les interrogations qu’elles sous-tendent. » Jean-François ARAMENDY

Visite commentée du village

Redécouverte du village le 21/07/2007L’ensemble des participants quitte la salle de la mairie pour aller observer et commenter le village de CAZENEUVE-MONTAUT. Chacun va ainsi tenter de saisir ce qui fait l’identité du village mais aussi les éléments qui en font l’attrait. La visite est donc agrémentée des réactions des participants et des explications techniques qu’apportent les chargés d’études du CAUE.
Au terme de cette visite, les participants se disent en accord sur un certain nombre de points.
Il semble qu’une extension réussie pourrait s’inspirer du village en privilégiant :

  • une variété de formes dans les constructions (décrochement des toitures…),
  • un pourcentage important de maisons en « R+1 » (un étage),
  • l’utilisation d’un matériau tel que la pierre (construction en pierre ou plaquage),
  • une végétation fournie qui offre de l’intimité et masque certains bâtiments.

Le 'centre' du villageDe là, les constructions ne pourront se faire sur la base des catalogues proposés par les constructeurs et il faudrait alors offrir un accompagnement, dans le domaine architectural, aux futurs habitants.
Les problèmes de stationnement et la place de la voiture sont également évoqués et devront faire l’objet de réflexions futures.

Projection photographique d’opérations exemplaires

Stéphane COUDERC présente à son tour une sélection de quelques opérations. Il s’agit en premier lieu d’extensions durables de bourg, à une échelle proche de celle de la commune de CAZENEUVE-MONTAUT. Toutefois, peu d’entre-elles sont locales car les exemples régionaux ou départementaux sur de tels sujets sont encore rares. Certaines opérations présentées sont encore en chantier. En effet, la prise en compte de l’aspect environnemental dans les lotissements est relativement récente. En second lieu, il donne à voir des maisons individuelles ou des petits collectifs qui ont recours aux matériaux sains (bois, terre crue, béton de chanvre,…) et aux énergies renouvelables, en auto-construction pour tout ou partie.

Cliquez sur la partie droite de l’image ci-dessous pour voir le diaporama (en cliquant sur la partie gauche, on recule d’une image)
diaporama-references-urbaines.jpgSi votre connection Internet a un débit suffisant vous pouvez visionner le diaporama dans une meilleure définition en cliquant sur le bouton ci-contre…
…ou

télécharger le document en PDF pdf – 5.3 Mo
Une fois de plus, cette projection donne l’occasion à chacun d’exprimer ses impressions et de questionner les architectes présents. Plusieurs personnes abordent la difficulté de transposer ce qu’ils voient sur le projet de CAZENEUVE-MONTAUT. On conclut qu’il serait judicieux que les équipes qui participeront au concours d’idées présentent leurs projets sous forme de maquettes pour une meilleure lisibilité.

Clôture de la journée

Cette journée ayant été consacrée à l’information, les temps de débats ont été relativement restreints. Florence CLIMACO invite donc chacun à se rendre sur le blog de la Commune pour visionner des images d’opérations exemplaires et prolonger les échanges.
Etant donné le peu de personnes présentes en cette journée, les participants décident que la seconde journée d’information, initialement prévue le 28 juillet, sera reportée au 8 septembre (reportée au 29 septembre). Elle se déroulera à Toulouse avec visite de sites le matin et information l’après-midi dans les locaux du CAUE 31. La commune étudie la possibilité d’utiliser le minibus de la communauté de communes. Les participants devront s’inscrire au préalable auprès de Monsieur le Maire.

Prochaine réunion : Samedi 8 septembre (reportée au 29 septembre),

à Toulouse, de 9h30 à 17h30

(Transport en bus si le nombre de participants est suffisant – sinon covoiturage)

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