Le compte-rendu est téléchargeable ici
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La transcription des débats est disponible ici
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Personnes présentes :
Robert BLANC (adjoint), Catherine C., Äsa C., Christophe C., Jean D., Gilles G., Martine I., Gilles PODOR (adjoint), Élisabeth ROZERON (conseillère), Michel S., Jean-Claude T.
- Michel CABÉ (Maire - uniquement présent pour l’ouverture de la réunion)
- Florence CLIMACO (Médiatrice)
- Isabelle RIEG (Coordinatrice de la démarche expérimentale, chargée d’étude au Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Haute-Garonne).
Présentation des intervenants
Michel CABÉ remercie les personnes présentes et leur indique qu’il ne restera pas pour la séance. Étant à l’origine de la réflexion sur le développement urbain de la Commune, il a accepté de ne pas être présent sur cette première phase de débat afin que toutes les personnes présentent s’expriment sans a priori. « On va essayer de faire de la vraie concertation et l’on a pris des professionnels pour ça ».
Florence CLIMACO, chargée de la mise en place et de l’animation du dispositif de concertation, prend sa suite. Elle rappelle qu’elle est arrivée à CAZENEUVE-MONTAUT en mars 2006 pour effectuer un travail sociologique sur la concertation des différents acteurs autour de ce qui était à l’époque un projet « d’éco-hameau ». Cette mission était financée par le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement dans le cadre de son programme d’« invitation à la qualité urbaine ». « Dans les suites possibles, j’avais évoqué une concertation avec les habitants pour la réalisation de l’extension urbaine ». Cette idée a été retenue par les élus qui financent cette fois-ci la mission en accord avec le CAUE.
Isabelle RIEG se présente à son tour. Elle coordonne la démarche expérimentale « Quelques sites pour une ville à réinventer, une invitation à la qualité urbaine » lancée en 2005 par le CAUE en partenariat avec l’Association des Maires de la Haute-Garonne et l’Association des Professionnels de l’Urbanisme de Midi-Pyrénées. CAZENEUVE-MONTAUT, et 5 autres communes, se sont engagées dans cette aventure en signant des conventions de 3 ans renouvelables dont l’objectif est la réalisation d’extensions urbaines de qualité dans le département de la Haute-Garonne, pouvant servir d’exemples aux autres communes. Elle n’a pas précisément travaillé sur « l’Eco-Hameau » et est aujourd’hui présente pour assister Florence CLIMACO et répondre aux questions liées à sa compétence.
Rappel du programme et objectif de la concertation
Les habitants sont réunis pour construire des propositions qui aideront les élus dans leurs décisions au sujet d’une extension du village. Florence CLIMACO rappelle les éléments arrêtés par les élus :
- Le principe de l’accueil de nouveaux habitants sur la commune au vu du vieillissement de la population. Ils souhaitent ainsi préserver une dynamique.
- Cet accueil doit être planifié en prenant en compte une vision globale : caractéristiques du village, de la Commune…
- Autres dimensions : favoriser une bonne entente entre habitants, respecter l’identité du territoire et suivre une approche environnementale.
Les 5 réunions de concertation sont organisées comme suit :
- La première réunion se veut être un temps de dialogue permettant d’identifier les priorités des habitants et leurs craintes.
- Les deux suivantes (juillet) seront animées par le CAUE qui donnera à voir des exemples en matière d’architecture, d’urbanisme et d’environnement et apportera de l’information.
- Les deux dernières (septembre) permettront de construire collectivement des propositions pour permettre aux élus de rédiger un cahier des charges.
La visée ultime de cette concertation est la rédaction par les élus, sur la base des propositions faites au cours de la concertation, d’un cahier des charges. Ce cahier des charges sera remis à des équipes de professionnels du cadre de vie (architectes, urbanistes, paysagistes) en vue d’un concours d’idées organisé par le CAUE. Le lancement est prévu pour le 14 septembre 2007. L’équipe retenue sera susceptible de travailler sur la commune de CAZENEUVE-MONTAUT par la suite.
Les participants posent ensuite quelques questions visant à mieux comprendre le cadre de cette concertation. Certains s’interrogent notamment sur le lien entre la réflexion actuelle et le projet d’« éco-hameau » qui leur avait été présenté. Isabelle RIEG précise alors que « Eco-hameau » est un concept appartenant à l’association AES qui avait proposé à la commune un projet pour ses terrains communaux. Cette proposition ne répondait ni aux attentes des habitants, ni aux objectifs de qualité urbaine fixés. Désormais on parlera d’extension écologique et c’est la commune qui reste maître d’œuvre de l’opération. AES devient un partenaire, mais plus le concepteur. Elle ajoute que les projets exemplaires demandent du temps et que les élus ont souhaité prendre en compte les craintes des habitants et réfléchir avec eux au projet afin d’intégrer au mieux les nouveaux arrivants. La décision reviendra cependant aux élus.
Mise en discussion
Les participants ont collectivement validé des règles de concertation. Ces règles permettent à l’animatrice du débat de gérer la répartition de la parole et favorise l’écoute mutuelle :
- Faire un signe pour demander la parole.
- Écouter sans interrompre.
- Être concis.
- Accepter les interruptions et questions de l’animatrice.
- Éviter des agressions personnelles.
Dans un premier temps, Florence CLIMACO invite les participants à exprimer par écrit leurs craintes au sujet du projet d’extension urbaine. Cette technique vise à identifier les points communs aux participants et à organiser le débat qui doit suivre en dimensions.
Par la suite, les craintes sont alors regroupées. Avant de passer à la pause café, les participants décident de centrer les débats sur le terrain situé derrière la mairie.
- « Il y a 2 choses parallèles : l’aménagement de ce terrain et l’aménagement global de la commune. Pour le terrain, on doit réfléchir sur sa programmation. Pour la Commune, la réflexion doit être plus large (où, quand, comment) Pourquoi ? Je suis au conseil municipal et je peux dire qu’il y a toute une réflexion qui va se faire dans le cadre du PLU intercommunautaire. L’idée de base sur laquelle est partie la réflexion des élus est l’accueil d’un peu de population en plus. »
- « Ce qui nous importe, c’est comment. »
- « On mélange tout, le terrain communal et le PLU. Le PLU va gérer les parcelles privées. Qu’est-ce qu’on va faire sur le terrain communal ? C’est ce qui est important aujourd’hui et le nombre, il faut se concentrer sur le terrain. »
Pour plus de clarté, le compte-rendu des débats est organisé de manière thématique :
L’intégration des nouveaux arrivants
Certains participants disent craindre que « les nouveaux arrivants ne veuillent pas s’intégrer ». Ils souhaitent éviter l’arrivée d’une « communauté », d’un « ghetto ». Ils craignent qu’un nombre trop élevé de nouvelles constructions n’engendre des conflits et nuise à l’intégration.
La question des activités (notamment professionnelles) que pourront, ou non, trouver ces nouveaux habitants est également posée : « Que vont faire ces gens ? Auront-ils du travail ? »
L’idée d’intégration se pose particulièrement dans le rapport qu’entretiendront les nouveaux arrivants avec les activités agricoles à proximité :
- « Je suis touchée directement parce que j’habite à côté. Je me suis installée avec un projet et j’aurais aimé que cela reste comme cela. Mon exploitation entraîne des nuisances. Avec l’arrivée des nouvelles populations de la ville, j’ai des craintes : j’ai du mal à croire que les gens accepteront ces nuisances. »
- « Les personnes viennent visiter et acceptent l’environnement, mais cela peut évoluer dans le temps. Combien sommes-nous sur Cazeneuve ? On peut doubler facilement. Les nouveaux ont autant de droits que les anciens. »
- « Les gens achèteront en connaissance de cause. »
- « Comment cela va se passer ? »
Pour autant, le refus de « trier » les nouveaux arrivants
A plusieurs reprises, la question de la sélection des arrivants a été abordée et débattue :
- « Doit-on trier les gens sur un projet de vie ? Ma femme et moi sommes venus à la campagne. On nous a demandé de présenter un projet, car on a racheté une exploitation agricole. »
- « En qualité de quoi peut-on choisir untel plutôt qu’un autre ? »
- « Il faut faire venir des jeunes, car on a une population vieillissante. Ici, aujourd’hui il y a 2 jeunes et 9 vieux. »
- « On ne peut pas s’opposer aux retraités. »
- « Je trouve votre remarque bizarre : il y a des jeunes retraités très dynamiques alors que les jeunes vont travailler toute la journée et ne s’investissent pas forcément, ce qui n’apporte rien au village. »
Nombre et proximité des nouvelles constructions
La question de la « concentration des maisons », du « lotissement », des « maisons collées » les unes aux autres, mais aussi de leur nombre, a occupé la majeure partie des débats. Cette question apparaît liée à beaucoup d’autres :
- « Il faut réfléchir au nombre : 5 ou 50 maisons, ce n’est pas la même chose. »
- « Le nombre doit se faire à la fin, ce n’est pas le nombre qui est important. »
- « Le nombre est à prendre en compte sur l’ensemble de la commune d’une part, et sur le site derrière la mairie d’autre part. »
- « Le conseil municipal n’a pas encore décidé du nombre. Il ne va pas y avoir plus de 12 maisons ; on va dire entre 5 et 8. Est-ce que cela simplifie les craintes ? »
- « S’il n’y a que 4 parcelles, cela va être grand et implique que seules des personnes avec un certain budget pourront s’installer. Le risque, c’est d’avoir des grosses baraques. Notre idée de départ, au conseil municipal, c’est de faire venir une population souhaitant accéder à la propriété et donner un caractère social au projet. »
- « Qu’entendons-nous par social ? Il va forcément y avoir des gens différents avec des moyens différents. »
- « Quelle sera la taille des parcelles ? Il faut minimum 1500m avec une mixité sociale »
- « Quelle est la taille du terrain ? »
- « 1,50 ha. »
- « Pour accueillir une famille avec enfants, il faut de l’espace pour la piscine. »
- « L’esthétique des maisons est importante, il ne faut pas qu’elles soient collées. »
- « Il faut tenir compte des espaces collectifs autour de la maison communale. »
- « La règle n’impose-t’elle pas des surfaces de 2500m²?»
- « C’est une doctrine de l’État et non une règle. Elle est liée à la question de l’assainissement autonome et à la capacité d’absorption des sols. Si le terrain filtre, la préconisation est une surface de 1500m. Si le terrain est argileux, par exemple, la préconisation est une surface de 2500m. Aujourd’hui ces surfaces sont assouplies dans d’autres départements au vu des nouvelles techniques environnementales. »
Chacun trouve important de penser à l’intégration des constructions dans le site actuel :
« Conserver le pittoresque de Cazeneuve », « Ne pas perdre le caractère du village », « Avoir la maîtrise sur le style de constructions».
D’autres thèmes abordés
D’autres aspects de la question ont été évoqués, parfois de manière très ponctuelle :
- La crainte de « devenir la banlieue de Toulouse ».
- « L’aire urbaine toulousaine doit accueillir 19 000 nouveaux habitants chaque année. La rareté du foncier et son coût prohibitif amènent les futurs propriétaires à acheter de plus en plus loin du centre. Ce phénomène commence à toucher les communes rurales qui voient des néo-Toulousains s’installer sur leur territoire. »
- « Doit-on devenir la banlieue de Toulouse ? »
- « Ils voudront de la tranquillité. »
- « J’espère pour eux. »
- La possibilité d’installer un commerce
- « Il faut réfléchir aux commerces. »
- « Le taux de rentabilité, au vu du nombre d’habitants, est insuffisant pour ouvrir un commerce. »
- « On peut imaginer une profession libérale, une boulangerie bio …?»
Premières décisions :
Les participants se sont finalement accordés sur deux points :
- Permettre une mixité d’âge, de composition des foyers et de revenus.
- « Il faut définir le prix des maisons, le type de population dépend du prix. »
- « On peut définir le prix du terrain. »
- « On peut définir différentes tailles. »
- « Attention à ne pas faire de résidences de riches. On pourrait vendre cette parcelle communale au plus offrant pour nous payer l’assainissement collectif, mais on n’est pas d’accord. Au conseil municipal, on a une réflexion, on revendique cette réflexion d’être ouverts à tous. »
- […]
- « Quelles sont les craintes associées au Mirail ? »
- « Ghettos, des gens qui sortent de la ville, des problèmes d’insécurité. C’est par réaction au propos que l’on ne veut pas des gens aisés que je dis ça. Je ne veux pas que cela soit trop carré. »
- « Il faut faire des parcelles différentes, avec des maisons de tailles différentes. Je ne vois pas de mal à ce que quelqu’un du Mirail s’installe et achète sur la commune. Pourquoi n’en aurait-il pas le droit ? Son objectif, c’est de s’intégrer. Les coûts sont moindres qu’à Toulouse, mais s’ils viennent chez nous c’est pour être bien. »
- Favoriser l’auto-construction (sans en faire une obligation), mais en fixant un délai de durée du chantier et des préconisations esthétiques (qualité du bâti, intégration au paysage).
- « Est ce que l’on reste dans l’idée d’auto-construction ? Si la personne à 300 000 euros, elle ne va pas faire de l’auto construction.»
- « C’est à mettre dans la réflexion. »
- « J’ai peur de la durée du chantier si les gens travaillent. »
- « Si c’est des retraités, ils ont du temps. »
- « Il y a différents types d’auto-constructeurs, le chantier peut durer 2 ans. »
- « La femme travaille sur la maison et son mari bosse. Il y en a un exemple à Auzas. »
- « L’auto-construction est-elle toujours une règle ? »
- « Si les gens sont intéressés. » […]
- « Cela implique un choix, qui est volontaire. »
- « Le fait d’imposer, on exclu les retraités ? »
- « C’est faux. »
- « On peut mettre un délai de temps ? » […]
- « Je ne suis pas contre l’auto-construction, mais cela exclut la mixité : tout le monde ne pourra et ne voudra pas construire sa maison. »
- « L’auto-construction peut être pour toutes les catégories sociales.»
- « Mais il faut être bricoleur. »
- « C’est une forme de ségrégation. »
- « On ne peut pas être exclusif. »
- « Je suis contre l’exclusivité, puisque l’idée c’est la mixité. Je ne fais pas de l’auto-construction une clause exclusive. Je préfèrerais que l’on favorise l’auto-construction. »
- « Cela risque de poser un problème dans la structure de l’habitat. Il faut que cela reste homogène, que cela cadre, soit intégré dans l’environnement. »
- « On a envie de faire un cahier des charges avec un cadre. »
Au terme de la réunion, les participants se sont entendus pour que les journées d’information organisées par le CAUE se fassent sous la forme suivante :
- 21 juillet : projection dans la salle de la mairie de CAZENEUVE-MONTAUT.
- 28 juillet 2007 (cette réunion a été reportée) : visite de sites exemplaires.
Ils ont également exprimé leur intérêt pour la création d’un « blog » qui serait un lieu d’information et de débats.
Prochaine réunion : Samedi 21 juillet, mairie, de 9 h 30 à 17 h 30

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